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Ce blog n’est plus mis à jour. Vous pouvez désormais aller à l’adresse suivante: http://www.projetitt.vacau.com. A cette adresse, il est notamment possible de signer l’Appel national en faveur de l’Initiative Yasuní-ITT. Merci d’avance de votre visite et de votre soutien.

Este blog ya no está de actualidad. Ahora pueden ir a la siguiente dirección: http://www.projetitt.vacau.com. En esta dirección, podrán, entre otras cosas, firmar el Llamado nacional a favor de la Iniciativa Yasuní-ITT. Gracias por adelante por su visita y su apoyo.

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Ce blog a été créé afin de diffuser le maximum d’informations possible sur un projet du gouvernement équatorien qui nécessite l’appui de tout le monde: l’Initiative Yasuní-ITT. L’objectif est de suivre l’actualité de ce projet à travers les articles de presse, de diffuser les analyses politiques et scientifiques que provoque ce projet et de susciter le débat autour de cette initiative. Il ne s’agit plus de faire des discours d’intentions sur les impacts du réchauffement global et du changement climatique. Le monde a besoin d’actions concrètes et de mettre en place de véritables politiques publiques en matière d’écologie. Le projet ITT est une des premières initiatives qui va dans ce sens-là et représente un exemple à suivre en proposant une révolution écologique devant aboutir à un modèle alternatif de développement à partir d’une économie post-pétrolière pour l’Equateur et le reste du monde. ——— Este blog fue creado para difundir las informaciones sobre un proyecto del gobierno ecuatoriano que necesita el apoyo de todo el mundo: la Iniciativa Yasuní-ITT. El objetivo es seguir la actualidad de este proyecto a través de los artículos de prensa, difundir los análisis políticos y científicos que provoca este proyecto y suscitar el debate alrededor de esta iniciativa. Ya no se trata de hacer discursos de intenciones sobre los impactos del calentamiento global y del cambio climático. El mundo necesita acciones concretas y ejecutar verdaderas políticas públicas en materia de ecología. El proyecto ITT es una de las primeras iniciativas que va en este sentido y representa un ejemplo a seguir: propone una revolución ecológica que debe desembocar en un modelo alternativo de desarrollo a partir de una economía pos-petrolero para el Ecuador y el resto del mundo.

L’Equateur est un pays pauvre doté d’une immense biodiversité mais en même temps dépendant des ressources générées par l’exploitation pétrolière. Ce petit pays est en train de faire un appel au reste du monde afin d’avoir l’appui de pays et de citoyens responsables pour réussir la transition vers un modèle de développement plus soutenable et une économie post-pétrolière.

En effet, le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d’exploration qui se trouvent dans la zone : Ishpingo-Tambococha-Tiputini) est une des initiatives du gouvernement équatorien afin de lutter contre le réchauffement climatique. Il s’agit de ne pas exploiter quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le Parc Yasuní, une réserve naturelle qui contient une des plus importantes biodiversités dans le monde. L’exploitation de ce pétrole lourd, de 14 degrés API, pourrait rapporter à l’Etat entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix d’environ 70 dollars le baril).

L’Equateur possède une économie basée principalement sur la rente du pétrole. Il faut bien se souvenir que le pétrole représente 22,2% du PIB, 63,1% des exportations et 46,6% du Budget Général de l’Etat, pour l’année 2008. Les réserves de l’ITT représentent environ 20% des réserves totales connues dans le pays. C’est donc une manne financière dont un pays aussi pauvre que l’Equateur ne peut se passer. Pourtant, la proposition du gouvernement équatorien est de ne pas exploiter ces réserves.

Mais en échange, l’Equateur, en partant du principe de co-responsabilité pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution à hauteur de 50% de la manne financière dont il pourrait disposer s’il exploitait ce pétrole. C’est une proposition qui vise à lutter contre le réchauffement climatique et contre la perte – sans possibilité de retour – d’une très riche biodiversité, à empêcher l’émission d’environ 410 millions de tonnes de CO2, à freiner la déforestation et la pollution des sols, ainsi que la détérioration des conditions de vie des habitants de la région.

Les fonds obtenus par l’initiative seront destinés principalement au changement de la matrice d’offre énergétique et productive, réduisant l’utilisation de combustibles fossiles en les substituant par des formes renouvelables d’énergie hydraulique, géothermique, éolienne ou solaire. Ils serviront aussi à la protection et à l’administration efficiente de 40 Aires Protégées et Territoires indigènes (dans le parc Yasuni, vivent des peuples libres en isolement volontaire : les Tagaeri, les Taromenane et les Oñamenane), à la reforestation d’un million d’hectares ainsi qu’à l’investissement dans l’éducation, la santé, l’habitat et dans la création d’emplois dans des projets en accord avec les besoins des populations locales. Et tout cela, en harmonie avec la nature c’est-à-dire en dépassant le caractère principalement extractif de l’actuel modèle de développement qui dépend de l’exploitation du pétrole et des forêts.

Avec ce projet ITT, le gouvernement équatorien veut montrer le nouveau modèle de développement que doit suivre le pays. Ce modèle est basé sur le respect des droits de la nature, l’équité sociale et l’utilisation de manière soutenable des ressources. Cette nouvelle vision implique de rompre avec la vision anthropocentrée du développement et ainsi, constitue un grand défi dans le contexte mondial actuel. De cette manière, le développement économique de l’Equateur ne dépendra plus du sacrifice du patrimoine naturel du pays en l’aidant à la transition d’une économie extractive, basée sur l’exploitation du pétrole, vers un modèle soutenable de développement avec un large emploi de sources renouvelables d’énergie respectant la biodiversité et l’équité sociale.

L’échec du Sommet mondial de Copenhague, en décembre 2009, qui devait réfléchir sur les avancées et les limites du Protocole de Kyoto, nous démontre une nouvelle fois que les intérêts économiques des pays riches passent avant l’avenir de la planète. Si nos gouvernements ne sont pas capables de trouver un accord, c’est donc aux sociétés civiles (mouvements sociaux, syndicats, associations, comités de quartier, individus, etc) de se réapproprier le débat et de faire ainsi pression sur les gouvernements.

Il ne s’agit plus de faire des discours d’intentions sur les impacts du réchauffement global et du changement climatique. Le monde a besoin d’actions concrètes et de mettre en place de véritables politiques publiques en matière d’écologie. Le projet ITT est une des premières initiatives qui va dans ce sens-là et représente un exemple à suivre en proposant une révolution écologique devant aboutir un modèle alternatif de développement à partir d’une économie post-pétrolière pour l’Equateur et le reste du monde.

Ce projet porté par divers mouvements sociaux équatoriens ainsi que le gouvernement rencontre différents obstacles : le manque d’engagement de la communauté internationale et les secteurs conservateurs du gouvernement de Correa. En effet, malgré les efforts du gouvernement équatorien, ainsi que d’autres personnes en Equateur et dans le monde, la communauté internationale tarde à réagir et à soutenir ce projet. Pour le moment, seule l’Allemagne, à travers son Parlement et son gouvernement, s’est engagée à financer ce projet à hauteur de 50 millions d’euros par an, pendant 13 ans, ce qui représente la durée du bénéfice que produiraient l’exploitation et l’exportation du pétrole de l’ITT. D’autres pays, comme la Norvège ou la Suisse, ont aidé à fiancer des études dans la parc Yasuni. Cette initiative a aussi rencontré un écho positif de la part de la Belgique, de l’Espagne ou encore de la France, sans engagement financier pour le moment. Et elle bénéficie du soutien de diverses organisations internationales comme l’ONU, le PNUD, l’OEA, l’UNASUR, l’ALBA ou l’OPEP de même que des mouvements sociaux, en plus, bien sûr de plusieurs dizaines de personnalités au niveau mondial.

Le deuxième enjeu est de convaincre Rafael Correa de laisser le pétrole sous terre. En janvier, une crise politique importante a eu lieu en Equateur avec la démission du ministre des Affaires Etrangères, Fander Falconi, un pilier du gouvernement mais aussi du processus politique en cours en Equateur (la Revolución ciudadana), démission qui faisait suite à celles de certains membres de la commission gouvernementale en charge du projet ITT. C’était le résultat de déclarations malheureuses du président Correa lors de son émission hebdomadaire au cours de laquelle il a déclaré que les négociations concernant le fonds fiduciaire qui devait être géré par le PNDU étaient honteuses et que si la communauté internationale ne voulait pas apporter sa contribution, l’Equateur n’aurait pas d’autre choix que d’exploiter ce pétrole.

Depuis, différents membres importants du gouvernement ont rappelé que l’Initiative Yasuni-ITT était le socle de la transformation économique, sociale et culturelle en Equateur et l’Assemblée nationale, avec les voix de députés très corréistes, a voté une résolution rappelant qu’il ne fallait pas exploiter ce pétrole et que, selon la Constitution, il faut son accord pour le faire.

Même si le président Correa a réaffirmé son soutien à ce projet (preuve en est de la nouvelle composition de l’équipe gouvernementale en charge de ce projet dont plusieurs de ses membres sont des écologistes convaincus et reconnus au niveau international), il faut rester vigilant quant aux différentes pressions venant notamment du lobby pétrolier qui veut exploiter ce pétrole. Les événements du mois de janvier ont eu un effet positif : le projet ITT est désormais au centre des débats et la société civile équatorienne s’en est emparée. C’est à travers le succès de cette initiative que les objectifs (économiques, sociaux, culturels et environnementaux) de ce projet pourraient être reproduits dans d’autres zones en Equateur mais aussi dans d’autres pays du monde.